Guide du patrimoine : Lanildut

jeudi 25 août 2011
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Ildut était Gallois. Aux alentours de l’année 500, il réunissait autour de lui, dans son monastère-école de LANN-ILLTYD, dans le GLAMORGAN, de nombreux élèves et disciples. Parmi eux, figurèrent très probablement trois des évangélisateurs de l’ARMORIQUE, Gildas, Pol Aurélien et Samson. Quoiqu’on en ait dit, il semble bien qu’Iltut, ou Ildut, n’ait jamais quitté son pays. Est-ce Pol Aurélien qui, débarqué d’OUESSANT à MELON, et avant de gagner la région de PLOUDALMEZEAU, puis de SAINT-POL, fonda le "Lan" (monastère) auquel, en hommage à son Maître, il aurait donné le nom d’ILDUT ? C’est une hypothèse invérifiable. On notera pourtant le nom de LAMPAUL-PLOUARZEL de l’autre côté de l’aber, et, à quelques centaines de mètres de l’église de LANILDUT, l’existence d’une chapelle dédiée à Saint-GiIdas, lui aussi élève d’Ildut.

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l’Aber Ildut

LANILDUT fut une trêve de PLOURIN avant d’être érigé en paroisse à une date incertaine. Longtemps limitée à l’ouest par une ligne qui laissait en PORSPODER Mezivinou et Tromeur pour aboutir à l’anse du même nom, touchant BRELES à l’est et PLOURIN au nord-est, elle eut des activités essentiellement rurales jusqu’à ce que le décret du 20 février 1869 rattache à son territoire le port de LABER et un vaste secteur au sud d’une ligne reliant Kergaradoc à Kerseven, en incluant Mez-ar-Goff mais non Keradraon.

La commune fit partie, du 5 fructidor an III au 28 pluviôse an VIII, du canton de BRELES, puis, après sa suppression, du canton de PLOUDALMEZEAU. Sa population, de 531 habitants en 1800, n’était plus que de 391 en 1866. L’annexion de LABER la porta à 910 en 1872 ; de 1881 à 1921, elle dépassa le millier alors s’amorça l’effritement qui ne lui laissait, en 1975, que 651 habitants pour une superficie de 582 hectares.

Environné de communes où abondent les vestiges de la préhistoire, LANILDUT n’en possède pas. Il y a une vingtaine d’années, un plongeur sous-marin ramena des abords du rocher de Men Garo, une statuette de bronze représentant un bovidé agenouillé, socle probable d’un ensemble plus important. On peut en voir la reproduction dans les "Annales de BRETAGNE" de 1968 (p. 233). En 1967, elle avait donné lieu à une savante exégèse, reprise l’année suivante qui, au terme d’un périple à travers le monde antique, conclut à l’impossibilité d’en déterminer la date et l’origine. Du moins peut-on penser que, comme le statère d’or de Cyrène (IVème siècle avant J.-C.) découvert en 1960 incrusté dans le stipe d’une algue, sur une grève de LAMPAUL-PLOUDALMEZEAU, cette épave, peut-être élément de la divinité protectrice d’un navire naufragé, atteste la présence très ancienne sur nos côtes d’audacieux navigateurs venus de mystérieux et lointains pays.

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la grande rue

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, beaucoup de capitaines-marchands se firent construire la maison de leur retraite sur le territoire de la paroisse de PORSPODER ; d’autres préféraient, pour les y implanter, les frondaisons de LANILDUT. Le chemin de Rumorvan est jalonné de belles constructions en pierres de taille extraites des carrières voisines, ceinturées de hauts murs, dont les portes étroites ne laissent entrevoir qu’une partie. L’une des plus anciennes fut édifiée pour un riche armateur de très ancienne noblesse ducale, un MOL qui prit le nom de MOL de RUMORVAN. On trouve aussi de ces vieilles demeures au-delà du cimetière actuel, à Poulloupry, et, dans l’ancien secteur de LABER, à Kerdrevor, à Mezancou... On les découvrira en parcourant les sentiers et les chemins étroits qui font les charmes rustiques de LANILDUT. Construite en 1786, l’église, dans son cadre de verdure, a une élégante simplicité bretonne. Elle abrite quelques statues anciennes (Saint-Ildut, Saint-Maudez, Saint-Michel), deux confessionnaux du XVIIème siècle, une Vierge à l’Enfant, œuvre probable d’un charpentier-sculpteur de la marine ; au temps de Noël, on y voit une fort belle crèche, sculptée par un artisan local, moderne successeur des "imagiers" d’antan. Par le Rumorvan, on peut accéder à la chapelle Saint-Gildas, dominant de peu les anciennes carrières de l’anse, aujourd’hui comblée, du Tromeur : très ancienne, mais plusieurs fois tombée en ruines, elle fut reconstruite vers 1840 puis en 1981. Son chevet prend appui sur le roc qui la surplombe. Le long de son flanc Nord sourd la fontaine où l’on amenait naguère des bébés pour leur éviter des convulsions ou leur assurer une marche précoce. On y invoquait aussi Saint-Gildas pour protéger de la folie.

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les carrières

Lorsqu’en 1869 le port de LABER fut rattaché à LANILDUT, les charrois terrestres avaient diminué l’importance du cabotage, et le tonnage croissant des vapeurs, leur interdisant l’entrée du port, avait considérablement réduit son commerce international. Son trafic n’en gardait pas moins une importance réelle. On y pratiquait la pêche : vers 1920 florissait encore celle des raies. En fin d’après-midi, des charrettes ruisselantes amenaient les paniers remplis de ces poissons à la gare de PORSPODER, d’où le train départemental les transportait à BREST pour être expédiés dans la nuit à PARIS. De nombreux sabliers fréquentaient le port, chargeant souvent pour BREST où se poursuivaient de grands travaux portuaires. Les carrières de granit, des deux côtés de l’aber, étaient en pleine activité. Déjà, sous LOUIS-PHILIPPE, on en avait extrait le bloc de cent tonnes qui devait servir de piédestal à l’obélisque de Louqsor. Des barques de 200 à 300 tonneaux, de petits cargos britanniques chargeaient les pierres destinées à des chantiers français ou anglais. On y construisait aussi des navires.

Vers 1930, la pêche périclita. Les carrières résistèrent difficilement à la concurrence de matériaux moins onéreux : la dernière a cessé son activité en 1969. Le port reste cependant très vivant. L’exploitation sablière se poursuit. Le nouveau quai, construit à l’abri du Crapaud, au débouché du chenal d’accès, connaît une grande activité pour le déchargement des algues qu’on achemine vers les usines de traitement. L’admirable plan d’eau qui baigne LANILDUT, BRELES, PLOUARZEL et LAMPAUL, constamment accessible par un chenal en eau profonde, attire des plaisanciers toujours plus nombreux, résidentiels ou de croisière.

Un peu partout, mais surtout sur la côte, rénovations et constructions neuves se sont multipliées, souvent pour des résidences secondaires. Dans cette commune aux dimensions restreintes, il en est résulté une diminution sensible de la surface agricole utile :  de 372 hectares en 1970, elle est tombée à 328 en 1979, soit une perte d’environ 12%. Au surplus, en dépit d’initiatives heureuses, particulièrement dans le secteur rural, dit de Kernéac’h dans les anciens cadastres, l’agriculture stagne. Si le nombre des exploitations a diminué de plus de la moitié entre 1955 et 1979 (59 et 28), leur superficie moyenne n’atteint pas douze hectares, et onze seulement en ont plus de dix. Toujours en 1979, plus du tiers des exploitants avait atteint ou dépassé 60 ans, et pas un n’avait moins de 35 ans. Malgré quelques variations, la nature des cultures et la répartition du cheptel avaient, au cours de la décennie 70, bien moins évolué que dans la plupart des communes du canton.

Rural à coup sûr, mais plus encore maritime et surtout touristique, LANILDUT est un petit pays où il fait bon vivre et où il est doux de flâner.

CE QU’ON PEUT VOIR A LANILDUT

HABITAT

Les résidences (XVIIème - XVIIIème siècle) des anciens capitaines-marchands, éparses sur le territoire de la commune.

MONUMENTS RELIGIEUX

L’église Saint-Ildut et son site,

La chapelle Saint-Gildas et sa fontaine,

Les croix de Kernéac’h, Kervrézol, et Gorré-Minihy.

VESTIGES MILITAIRES

L’entrée du port était défendue au XVIIlème siècle par des batteries dont il reste des traces à 300 m ou 400 m à l’ouest du Roz. A proximité de ces emplacements, proches du Crapaud, on voit les vestiges de blockhaus, éléments du "Mur de l’Atlantique" édifié par les Allemands au cours de la guerre 1939-1945.

SITES ET PROMENADES

Le port et ses activités,

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le port

Le rocher du Crapaud,

Le bord de mer du Crapaud à Kerzeven,

Les anciennes carrières,

Le lacis de sentiers et chemins à découvrir à pied ou à bicyclette.

LIENS

Histoire locale de Lanildut


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