Guide du patrimoine : Brélès

jeudi 25 août 2011
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Enclavée entre les communes de LANILDUT, PLOURIN, LANRIVOARE et PLOUARZEL, BRELES est essentiellement une commune agricole et n’a de contact avec la mer que dans la partie est de l’estuaire de l’Aber-Ildut entre Bel-Air et le Trou de l’Enfer à Pont-Rheun.

Trêve de PLOURIN sous l’Ancien Régime, BRELES fut dotée le 14 janvier 1791 d’une municipalité. Le premier maire, François LEAUSTIC, fut également membre du District. Le 5 fructidor an III (22 août 1794), la nouvelle commune devint chef-lieu d’un canton formé par LARRET, PLOURIN, LANILDUT, PORSPODER et LAMPAUL-PLOUARZEL.

Ce nouveau canton fut dissout le 28 pluviôse an VIII (18 février 1800), date à laquelle BRELES fut rattachée au canton de PLOUDALMEZEAU.

La commune devint paroisse lors du concordat de 1802. Initialement simple chapelle dédiée à Notre-Dame, puis église tréviale de PLOURIN, elle fut fondée par les seigneurs de KERGROADEZ. Ces derniers avaient leur tombeau dans le chœur, mais, sous l’Ancien Régime, le gouvernement de BRELES restait dépendant de PLOURIN. On n’y faisait aucun baptême, mariage ou enterrement sans l’autorisation du recteur

L’édifice actuel, en forme de croix latine, remonte dans ses parties les plus anciennes, à la fin du XVIème siècle. Remanié et agrandi vers 1855, il comprend une nef avec bas-côtés de 5 travées, un chœur, et, au droit de la 4ème travée, 2 chapelles formant faux transept. Aux angles formés de l’intersection de la nef et du transept, des anges musiciens jouent respectivement du biniou, des cymbales, de la bombarde et du tambourin. On trouve également des peintures en trompe-l’œil représentant les apôtres. Son clocher est semblable à ceux de GUILERS et de LAMBER. L’élégant portail en Kersanton est timbré aux armes d’Olivier du CHASTEL et de Jeanne de PLOEUC, mariés en 1408.

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Arc de triomphe

L’arc triomphal du cimetière a subi des remaniements. C’est une arcade en plein cintre avec redents trilobés et découpes à jours, malheureusement supportés par des pilastres lourds et disgracieux qui nuisent à l’ensemble.

Au-dessus de l’arcade, jolie croix avec fleurons feuillagés où l’on voit d’un côté le Christ, à l’avers d’une petite Vierge Mère sous un dais soutenu par deux anges. En outre, l’Abbé CASTEL, dans son "Atlas des croix et calvaires du FINISTERE" note à BRELES une dizaine de croix dont la plus typique est la croix pattée de Castel Rouz, datant du haut Moyen-Age.

PREHISTOIRE

Pas de monuments mégalithiques, mais en 1840 à Kerelegou ( au nom évocateur : village des ossements) on a trouvé quantité d’urnes funéraires qui furent dérobées dans la nuit qui suivit la découverte.

MANOIRS

KERGROADES

Entre LANRIVOARE et BRELES, mais situé dans cette commune, s’élève le château de KERGROADES, construit de 1602 à 1613 par François de KERGROADES, seigneur dudit lieu, DU BOIS, de KERVER, de KERANGOMAR, chevalier de Saint-Michel, d’une famille très ancienne dont le blason était :"fascé de six pièces d’argent et de sable", et la devise "en bon espoir".

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Chateau de Kergroades

KERGROADES est un grand édifice carré, flanqué de tours à meurtrières aux 4 angles. L’une d’elle est surmontée d’une coupole, l’autre est couronnée par une plate-forme revêtue d’un parapet à mâchicoulis. A l’entrée, mur de protection surmonté d’une terrasse supportée par des arcades, dans lequel s’ouvrent deux portes, cavalière et piétonne, encadrées l’une et l’autre de pilastres d’ordre ionique. On lit sur la corniche un verset de l’ecclésiaste : "Si non in timore dni tenveriste instanter cito subvertatur domus tua" : "Si tu ne te maintiens pas constamment dans la crainte du Seigneur, ta maison sera anéantie."

On aperçoit, de la cour d’honneur le manoir, demeure imposante, imitée de KERJEAN. La façade est percée de nombreuses et larges fenêtres à croix de pierre et surmontée de croisées de mansardes richement sculptées. A gauche, belles écuries voûtées sur lesquelles s’élèvent un édifice à deux étages et mansardes.

A droite sont les dépendances, prolongées sur l’extérieur par la chapelle.

Les KERGROADES furent alliés aux plus illustres familles de la région : KERLECH, KEROUARTZ, LE NOBLETZ, etc.

S’ils n’ont pas joué un grand rôle dans l’histoire, ils étaient d’une bonté proverbiale et aimés de tout le voisinage. Aussi, lorsque l’un d’eux, François Corentin, vers le milieu du XVIIème siècle, se trouva dans une situation pécuniaire difficile, CAMBRY rapporte que les fermiers lui fournirent 100 000 pour le paiement de ses dettes, gérèrent ses terres pendant 40 ans, et firent présent à son épouse de huit beaux chevaux de carrosse afin que Madame puisse venir à la paroisse d’une manière convenable. KERGROADES passa par mariage à la famille de KEROUARTZ, puis de HOUCHIN, Marie de HOUCHIN épousa le marquis de ROQUELAURE qui fut décapité à PARIS le 25 juillet 1794.

En 1860, les héritiers vendirent la terre à Monsieur LE JEUNE, notaire à SAINT-RENAN, de qui il passa par héritage à la famille CHEVILLOTTE qui le restaura au début du siècle.

BEL-AIR

A 500 m à l’ouest du bourg de BRELES, sur la rive droite de l’Aber-Ildut, se trouve le manoir Renaissance de BEL-AIR, construit en 1599 par François de KERINGAR, comme l’indique l’inscription en cartouche placée au-dessus de la porte d’entrée du bâtiment principal : "pries p(our) Fran(çois) Kereugar q(ui) m’a faict faire et Bel-Air m’a nommée - 1599".

Ce manoir appartenait au moment de la Révolution à la famille de CLAIRAMBAULT. Il est actuellement propriété de Madame de TAISNE et est en cours de restauration.

La grande salle du premier étage possède encore une vaste cheminée de pierre sculptée et polychromée. Dans les quatre personnages sculptés en demi-relief et encadrés d’entrelac du manteau de la cheminée, certains ont voulu voir au milieu les portraits de HENRI III et de sa mère, Catherine de MEDICIS. Les deux personnages des extrémités seraient le seigneur et la dame de KERINGAR, maîtres du lieu. Comme presque tous les manoirs de la région, celui de BEL-AIR a conservé son colombier. Quelques couleuvrines et petites pièces d’artillerie sont disposées sur la solide muraille qui protège l’habitation du côté aber.

Le blason de la famille de KERINGAR, seigneur de BEL-AIR, était "d’azur au croissant d’argent", avec la devise "tout en croissant".

BRESCANVEL

Perdu dans la nature, à 2 km environ dans le sud-est de BRELES, sur les hauteurs qui dominent le cours de l’Aber-Ildut, se trouve le charmant manoir de BRESCANVEL, édifice du XVIème siècle, à porte gothique et grande baie coupée de meneaux. Une tourelle à cul-de-lampe fait saillie sur la façade. La chapelle occupait l’autre extrémité de l’aile droite : on y voit un écusson de LE ROUX et CORPEL (trois perroquets) indiquant une alliance de la fin du XVIème siècle.

La famille LE ROUX possédait jadis cette terre : elle s’est éteinte en 1755 avec messire Charles LE ROUX de BRESCANVEL, recteur de GUILERS, qui laissa pour héritier son cousin germain François de POULPIQUET. Ce manoir est toujours occupé par un membre de cette famille.

KEROULAS

Situé tout près de BRESCANVEL, ce manoir fut reconstruit au XVIIIème siècle dans le style sobre et classique de l’époque.

Un manoir primitif était habité en 1640 par Jehan de KEROULAS. Ayant fait retour à une branche cadette, le berceau des KEROULAS est passé en 1707 aux LE BORGNE par le mariage d’Alain LE BORGNE de COATIVY, sénéchal de LESNEVEN, avec Catherine-Corentine de KEROULAS. Il appartient actuellement à la famille de LORGERIL qui le tient des LE BORGNE.

Le nom du manoir de KEROULAS évoque l’émouvante ballade bretonne de Pennherez KEROULAS, du "BARZAZ BREIZ" de Monsieur de la VILLEMARQUE - Marie de KEROULAS dut en 1565 accorder sa main au riche, mais peu séduisant, François DU CHASTEL, seigneur de MEZLE, alors qu’elle avait promis son cœur à deux gentilshommes du pays : BERTHOMAS et SALAUN. Elle mourut de douleur, dit la ballade, mais toutefois pas avant d’avoir donné au moins trois enfants à son mari.

On peut prolonger la promenade jusqu’au moulin et à la chapelle Saint-Eloi et sa fontaine.

BRELES, petite commune, n’a guère d’histoire. On signale cependant que pendant la Révolution de nombreux prêtres réfractaires trouvèrent asile chez les habitants, et qu’aucun ne fut arrêté. La majorité de la population se refusait à assister aux offices des prêtres constitutionnels. Le 28 mars 1792, jour du pardon, pendant que le curé assermenté de PLOURIN, MOREL, prêchait, "plusieurs femmes et filles attroupées près de la porte de l’église sur laquelle elles frappaient avec violence à coups de pieds et de pierres, l’ouvraient par intervalles et jetaient des cris horribles dans le dessein de troubler le prédicateur."

A la suite de cette émeute, sur une plainte de MOYOT, juge de paix de LANILDUT, le District de BREST fit fermer l’église en juin 1792.

Pendant la guerre de 39-45, une section F.F.I. formée des hommes de PLOUAZEL, BRELES, LANILDUT, participa activement avec le groupe de PLOUDALMEZEAU à la libération de notre secteur et de celui du CONQUET.


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